Santé animale et biodiversité : quand la grippe aviaire fait des ravages chez les manchots du Cap de Namibie

Santé animale et biodiversité sont étroitement liés : la grippe aviaire touche également les espèces animales en danger.

Depuis fin 2018, la grippe aviaire décime une colonie de manchots (Spheniscus demersus) sur 3 îles du Cap de Namibie et en Afrique du sud. Plus de 459 individus sont décédés des suites de cette épidémie causée par un virus non contagieux à l’homme mais bel et bien responsable de la grippe aviaire, le H5N8. Cette espèce de manchots est intégrée dans la liste rouge de l’UICN, considérée comme une espèce en danger. Etrange lorsque l’on sait que les oiseaux sauvages sont connus pour être porteurs et vecteurs des virus responsables des grippes aviaires mais peu sensibles à la maladie.

Le déclin d’une population animale déjà fragilisée par la pollution, les activités maritimes et humaines, le réchauffement climatique et la raréfaction des ressources alimentaires peut brutalement « chavirer » à l’extrême lorsque cette dernière doit faire face à une épidémie de la sorte et qu’aucune intervention n’est envisageable. Les mesures prises par les biologistes pour limiter la contagion et éradiquer les individus malades permettant de diminuer l’impact du pic de l’épidémie nous ramène à la dure réalité, celle des dernières interventions et plans de surveillance et de lutte sanitaire menées en France sur des espèces domestiques, poules, canards, oies.

L’écosystème fragilisé et la baisse significative des « sardines » très prisées des manchots ne sont pas des indicateurs optimistes pour présager d’un potentiel retour à l’équilibre. Dans un tel contexte, une population animale isolée peut-elle retrouver d’elle même un état de stabilité démographique en moins de 5 ans ?

Pour en savoir plus, lire l’article de John Cannon : https://news.mongabay.com/2019/04/bird-flu-in-namibian-penguins-wanes-after-killing-nearly-500/